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DÉMARCHE ARTISTIQUE
Une pratique lucide de la légèreté
Les projets de Céline La Terreur sont aussi nombreux
qu’éclectiques. Allergique à toute pratique
cloisonnée ou systématique, l’artiste
s’ingénie à multiplier les stratégies,
les points de vue, les attitudes.
Tantôt sur un mode ironique et grinçant, elle
dénonce surconsommation et intolérance (campagnes
de sensibilisation), éreinte postures et impostures
de l’art (kitsch-4000, Glamor Minimal Art). Tantôt
sur une note plus introspective, ses préoccupations
prennent une saveur existentielle (La Divine Tragédie,
Pink Violence). Avec le groupe musical Les Céline
B. La Terreur, autre avatar de l’artiste, elle
s’aventure cette fois dans le monde éclaté
de la pop et des séries B. À travers les frasques
imaginaires du groupe, elle parodie les déboires savamment
puérils des stars, nous rappelle combien notre époque
est avide de mirages et de tragédies ordinaires.
Friande de clichés et d’effets paramétrés,
Céline La Terreur ne redoute ni le ridicule ni les
truismes. Elle pratique en toute lucidité un art de
la légèreté, aussi bien critique que
frivole. Que ce soit en approfondissant le superficiel ou
en laminant le « profond » et le « sérieux
», l’artiste s’amuse à brouiller
les genres et les conventions pour nous plonger dans un univers
festif où cohabitent les extrêmes. Rafraîchissante
oasis de futilité au sein de la morosité ambiante,
l’œuvre de Céline La Terreur n’en
finit plus combattre l’ennui, de tromper l’angoisse
d’un monde désenchanté.
Éric Ilhareguy
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